Julie Cailleretz et Esther Turpin, sportives de haut niveau, soutenues par la Communauté Urbaine d’Arras


La Communauté Urbaine d’Arras a décidé d’accompagner les deux sportives du territoire en vue de leur participation aux Jeux olympiques de Tokyo 2020, en signant un contrat d’image avec elles. Il se traduit par une aide de 5 000 € accordée chaque année aux deux athlètes jusqu’aux olympiades.

Julie Cailleretz et Esther Turpin sportives de haut niveau
Esther Turpin, heptathlonienne, et Julie Cailleretz, céiste, deux espoirs du sport de notre territoire, soutenues par la Communauté Urbaine d’Arras

L'interview de deux espoirs sportifs du territoire

Comment avez-vous débuté dans votre sport ?

Esther Turpin : Mes grands frères et sœurs pratiquaient l’athlétisme. Je me suis mise à l’heptathlon en suivant ma sœur. J’ai définitivement accroché sur ce sport depuis ma première qualification et mon premier titre en championnats de France. J’avais 15 ans, je venais de La Réunion où l’on pratique toujours à l’extérieur. Pour la première fois, je participais à une compétition en salle. Personne ne me connaissait, je n’avais aucune pression. Je me souviens surtout six mois plus tard avoir battu tous mes records lors d’une compétition à Aubagne. Ma famille avait fait le voyage pour me soutenir, c’était un moment très fort.

Julie Cailleretz : Les fenêtres de notre logement donnaient sur le bassin de la Scarpe. Petite, j’avais envie d’y aller. J’ai pratiqué pour la première fois en étant à l’école à Saint-Laurent-Blangy et j’ai accroché. Je me suis inscrite en section sportive au collège Verlaine de Saint-Nicolas-lez-Arras, puis au lycée Gambetta-Carnot d’Arras. J’ai choisi le canoë alors qu’il était moins développé chez les dames que le kayak. Entre chaque coup de pagaie, le temps que glisse le bateau procure une sensation de liberté plus forte qu’en kayak où les coups de pagaie s’enchaînent de gauche à droite. C’est cette sensation que j’apprécie le plus.

Quelles qualités pour pratiquer votre sport ?

E. T. : Les sept épreuves de l’heptathlon féminin sont le 100 mètres haies, le saut en hauteur, le lancer de poids, le 200 mètres, le saut en longueur, le lancer de javelot pour terminer par le 800 mètres. Le tout s’enchaîne sur deux jours. La vitesse et les lancers demandent une certaine explosivité et l’endurance est indispensable à la fois sur certaines épreuves et pour tenir sur la compétition. À l’entraînement, il est indispensable de bien répartir son temps sur les différentes disciplines. Il faut apprendre plus vite que les sportifs spécialisés sur l’une des épreuves et aller à l’essentiel. Au cours d’une compétition, on ne peut pas être parfait sur chaque spécialité mais on y travaille !

J. C. : Le canoë est d’abord un sport individuel. On parle de C1 pour le canoë une place. Il se pratique aussi en duo, le C2, ou en équipe de quatre dans un bateau. Aux Jeux olympiques, ce sera du C1 sur 200 mètres et du C2 sur 500 mètres. Les championnats du monde et senior proposeront de C1 500 et 200 m, du C2 500 et 200 m et du C1 5 000 m. C’est la première année qu’il y aura autant de courses en canoë dame, preuve de son développement et de l’intégration de cette catégorie aux JO. Il existe également la course de fond de 5 km en mono et biplace, et le marathon de 14 km en catégorie cadet ou de 22 km en senior. Pas de droit à l’erreur en vitesse, chaque coup de pagaie compte à 100 %. Sur longue distance, il faut savoir relâcher et économiser sa force. J’arrive à m’adapter aux spécificités des différentes courses.

Julie Caillerez
Saut en hauteur Esther Turpin
Interview Esther Turpin
Interview Julie Caillerez

Comment s’organisent vos journées ?

E. T. : Mon institut de formation aménage les cours pour accueillir des sportifs de haut niveau. Je m’entraîne tous les jours sauf le dimanche, les mardis et jeudis le matin et l’après-midi. Je peux compter sur mes deux entraîneurs et ma préparatrice mentale au Creps. Je trouve un appréciable soutien au racing club d’Arras, un club à dimension humaine qui m’a très bien accueillie. Je m’y sens bien et j’aimerais trouver le temps d’y venir plus souvent. L’hiver est une continuité à la préparation de la saison estivale, elle sera longue cette année avec des compétitions de mai à août.

J. C. : Habituée sur ma scolarité à concilier les cours et le sport, je n’ai pas d’aménagement particulier de ma formation. L’emploi du temps des cours change souvent et je mets au point mon planning avec mon entraîneur chaque semaine. Avec souplesse également, je trouve des arrangements avec les enseignants pour rattraper des cours ou décaler des examens. L’hiver est consacré à un travail technique d’entretien. On voit en remontant dans le bateau à partir de février si cette préparation porte ses fruits. Toute l’année, je fais beaucoup d’allers et retours entre l’université et mon club, le reste du temps c’est pour manger et dormir !

Que vous permet le soutien de la Communauté Urbaine d’Arras ?

E.T. et J. C. : Beaucoup d’athlètes n’ont pas vraiment le choix entre les études et le sport, quand il y a la nécessité de travailler pour vivre. Trouver des sponsors, c’est difficile. Le soutien sur plusieurs années de la Communauté Urbaine d’Arras est exceptionnel. Il nous apporte de la sérénité pour nos projets sportifs et scolaires. Les prochains Jeux olympiques se préparent dès maintenant !

Julie Cailleretz

Canoë Julie Caillerez

Licenciée de l’ASL canoë-kayak (association sport loisirs) de Saint-Laurent-Blangy, Julie Cailleretz est en première année de master de sciences et techniques des activités physiques et sportives (Staps) à la faculté de Liévin de l’université d’Artois et se prépare au concours de professeur d’éducation physique et sportive.

Extraits de son palmarès : 4ème dans une épreuve de coupe du monde et aux championnats d’Europe seniors en biplace en 2017, vice-championne du monde U23 de C2 sur 500 m en 2017, vice-championne du monde de marathon en monoplace 2016.

Esther Turpin

Esther Turpin

Licenciée au Racing club d’Arras section athlétisme, Esther Turpin est originaire de La Réunion et poursuit des études de psychomotricienne en institut de formation à Loos tout en se préparant au Centre de ressources, d’expertise et de performance sportives (le Creps) de Wattignies, après son passage par celui de La Réunion de 2012 à 2015.

Extraits de son palmarès : 4ème des championnats d’Europe U23 2017, 3ème des championnats d’Europe par équipes d’épreuves combinées seniors 2017, championne de France espoirs en salle 2017 et championne de France espoirs 2016.