Le Grand Arras à grande vitesse depuis 25 ans


Être situé à moins d’une heure de Paris est un atout considérable, dont notre territoire ne pourrait se passer. La SNCF confirme les dessertes quotidiennes en TGV et renforce même les capacités en heures de pointe. Le TGV a modifié les habitudes des habitants et garde un impact important sur son développement. Des acteurs économiques du Grand Arras en témoignent.

Pierre Lobry : "Notre territoire en proximité de Paris"

« La desserte en TGV a positionné progressivement notre territoire en proximité de Paris, à la faveur de l’augmentation des prix de l’immobilier dans la capitale. Notre cadre de vie, nos magnifiques places à deux pas de la gare ou encore nos établissements d’enseignement de qualité sont parmi les arguments qui peuvent attirer les entreprises et les talents. Il n’est pas étonnant que les habitants de la région trustent les places dans les instances associatives ou syndicales nationales. Le TGV facilite leur participation aux réunions qui ont toutes lieu à Paris. L’organisation n’est pas la même pour nos homologues de Nouvelle-Aquitaine par exemple. Toute la région nous le dit, il ne manque à Arras que la mer ! Et les habitants ont raison d’être fiers de leur territoire. Cependant, rien n’est définitivement acquis. Il reste du potentiel pour que le secteur de la gare renforce sa position économique tertiaire permise par la présence du TGV. »

(c) CCI Artois-Christophe_Kicien

Pierre Lobry est dirigeant de Logista Hometech (maintenance immobilière pour les bailleurs sociaux) et membre du bureau fédéral national des Geiq (groupements d’employeurs pour l’insertion et la qualification)

Anthony Pruvost :"Le TGV facilite notre activité"

« Le TGV facilite notre activité, la relation client, le démarchage commercial, la participation à des salons professionnels, et donc le développement de Digistart. Créée il y a six ans, notre agence de communication digitale a pour principales activités la création et la maintenance de sites Internet et d’applications, ainsi que la vente d’espaces commerciaux. Nous profitons de la proximité avec la capitale pour y rencontrer aussi nos clients issus d’autres régions. Voyager en 51 minutes avec le TGV permet de faire l’aller et retour sur une demi-journée. C’est une véritable opportunité. Et il y a des trains en direct pour Lyon en trois heures seulement ! Les prestataires viennent nous rendre visite sans avoir la contrainte de devoir louer une voiture et de se fatiguer à parcourir de longs kilomètres, grâce à l’accessibilité permise par le TGV. Ils n’ont plus qu’à emprunter la navette gratuite Ma Citadine pour rejoindre nos locaux à la Citadelle d’Arras. »

Anthony Pruvost est président de Digistart SAS (création et édition de sites web)

Freddy Braure : "Aller voir souvent nos clients"

« Plusieurs facteurs ont pesé dans notre choix de s’implanter sur l’un des parcs d’activités de la Communauté Urbaine d’Arras. Le territoire est au croisement des grands axes routiers, essentiels à nos flux de matières premières et à l’exportation de nos produits finis. La filière agroalimentaire y est très dynamique, avec également la présence de fleurons et une main-d’œuvre de qualité. Sa desserte en TGV est tout aussi déterminante. Le peu de temps de trajet rend possible d’aller souvent voir nos clients à leurs sièges sociaux, dont beaucoup sont situés dans le secteur de Roissy-Massy. Pour venir, un client qui atterrit à Roissy-Charles de Gaulle ne met qu’une heure. Nous le prenons en charge à la gare d’Arras située à cinq minutes de notre site de production. C’est très rassurant et confortable pour lui. Comparé à d’autres régions agricoles, le TGV est un atout considérable de proximité. En outre, il rapproche de leurs familles les salariés qui viennent de loin apporter leurs compétences à nos entreprises. C’est important. »

Freddy Braure est le directeur général de JB Viande (abattage, transformation et commercialisation de viande de porcelet)

Christine Dispa : "Rester dans l'Arragerois pour y créer"

« Sur notre campus d’Arras, nous développons nos activités dans le cadre de notre école d’ingénieurs, notre école supérieure de l’alternance et de notre école de formation des managers. Nous formons des jeunes ainsi que des salariés en reconversion professionnelle ou en évolution au sein de leur entreprise. Une de nos particularités est d’amener des bacheliers à un diplôme d’ingénieur par la voie de l’apprentissage sur la totalité des cinq années. Sur le territoire, nous développons notre offre de formation dans la transition numérique et écologique chère à Philippe Rapeneau. Nous avons à cœur d’apporter des réponses aux besoins des entreprises en matière de compétences. Si, dans une grande majorité des cas, les personnes formées au CESI d’Arras intègrent les entreprises régionales, avec la présence du TGV, elles ont également la possibilité de rester dans l’Arrageois pour y créer des start-ups tout en pouvant se déplacer facilement vers Lille et Paris en vue de développer leurs activités. »

Christine Dispa est directrice régionale CESI Nord-Ouest (Campus d’enseignement supérieur et de formation professionnelle)

Michel Castets: "Trouver une qualité de vie"

« Notre comité des usagers regroupe ceux des lignes TGV d’Arras, et au-delà, ainsi que ceux du TER. Celui-ci rapproche les villes des lignes à grande vitesse. Nous comptons de très nombreux sympathisants. D’abord mobilisés, à la création de notre comité il y a une vingtaine d’années, sur la question du prix élevé des billets et sur la régularité des horaires, nous restons aujourd’hui attentifs au maintien du nombre de trains. Moins de TGV, ce ne serait plus de la rationalisation, mais du rationnement. Nous nous réjouissons que les élus de l’Arrageois partagent cet état d’esprit et défendent avec fermeté la desserte du territoire. Clairement, au-delà des impératifs professionnels qui commandent d’arriver à une certaine heure au travail, moins de trains et moins souvent entraînerait d’importantes problématiques pour les familles. Des gens venus ici trouver une qualité de vie inabordable à Paris n’auraient pas d’autre choix que d’aller se réinstaller en banlieue parisienne. Ce serait un recul pour le développement d’Arras et des communes alentour.

Michel Castets est président de l’association des usagers des lignes ferroviaires.

Le TGV à Arras confirmé

La SNCF a mis en ligne sur son site internet les horaires à compter du 15 décembre 2018.

Les TGV partant le matin d’Arras sont prisés et donc très bien remplis. Pour les usagers, ce sont les 6h17, 6h56, 7h17 et 7h56, ils sont donc tous confirmés ; au même titre que les retours depuis Paris vers Arras : les 16h52, 17h52, 18h37 et 19h22.

Deux TGV voient leur capacité augmenter de 50%. Le départ d’Arras à 7h56 et le retour de Paris à 17h52 bénéficieront de 208 places supplémentaires. Leur capacité passera ainsi de 508 à 714 places.